newsletter-avril 2020

Newsletter avril 2020 - Regards croisés lémaniques sur l'après Covid 

 Alors que l'horizon annoncé du déconfinement et de la relance demeure encore incertain en France et en Suisse, l'impact de la crise touche tous les domaines d'activité.

Le Conseil du Léman a interrogé plusieurs partenaires et acteurs de terrain pour identifier, en moins de 100 mots, les prochains enjeux dans leurs secteurs respectifs. Nous les remercions pour cette contribution à cette mise en perspective de différentes approches, à l'échelle de la région lémanique.

Les défis à relever seront nombreux ces prochains mois. La coopération transfrontalière pourra être une des clés pour y parvenir.

 

 

AGRICULTURE

COMMENT LE CONTEXTE ACTUEL BOULEVERSE LES PERSPECTIVES DES FILIERES DE PRODUCTION LOCALES AU REGARD DES ATTENTES DES CONSOMMATEURS?

Luc Thomas, Directeur, Prometerre, Canton de Vaud

<< La fermeture des restaurants et autres lieux de restauration collective a bouleversé les habitudes de consommation puisqu’en temps normal, la moitié des aliments consommés l’est en dehors du domicile. Cela engendre des gagnants et des perdants. La vente à la ferme vit un véritable boom, alors que les producteurs qui approvisionnaient la restauration ont vu leur débouchés disparaître du jour au lendemain. Avec du surcroît la suppression de toutes les manifestations, les viticulture est elle aussi particulièrement touchée et vit des heures difficiles. Notre travail est de favoriser la mise ne place de canaux de vente alternatifs et de veiller à ce que les entreprises de notre secteur mises à mal par le crise ne soient pas menacées dans leur viabilité. >>

Julien Cosme, Conseiller circuits courts, Chambre d'agriculture Savoie Mt-Blanc

<< Les producteurs et les filières de Savoie Mont-Blanc s’adaptent en développant de nouvelles organisations pour limiter l’effondrement des ventes. On observe 2 stratégies. La première est le renforcement des circuits courts et de la consommation d’ultra proximité. Les agriculteurs activent leur réseau et proposent de nouvelles solutions dont la livraison à domicile, le drive  ou le marché éphémère regroupant plusieurs producteurs. La seconde concerne la filière dominante laitière. Ses acteurs mettent en place d'une part un dégagement du lait pour diminuer la production de fromages, d'autre part un développement des partenariats avec la grande et moyenne surface (GMS). Il faut alors diversifier l’offre pour réponde à des demandes spécifiques telles que le lait UHT et enfin la valorisation des AOP et IGP. >>

 

TOURISME

DANS QUELLE MESURE LA MISE EN RESEAU ET LA SYNERGIE DES ACTEURS TOURISTIQUES POURRONT CONTRBUER A LA RELANCE DE L'APRES-COVID ?

Adrien Genier, Directeur, Genève Tourisme

<< La crise nous a tous surpris et nous avons dû y répondre en étant solidaires et en un temps très court. C’était d’autant plus essentiel dans le secteur du tourisme, très durement impacté. Comme d’autres acteurs de la branche, nous avons très vite réorganisé information et ressources, et soutenir nos prestataires. La digitalisation, par l’agilité qu’elle permet, a été un outil précieux. Elle permettra à l’avenir de renforcer et faciliter la mise à disposition de contenu en temps réel, ainsi que les initiatives de promotion communes au niveau régional. L’accueil de médias et de professionnels du voyage à l’échelle de la région permettra à toute la région de se présenter sous un angle plus large et plus riche pour nos visiteurs. Nous sommes persuadés que les collaborations « en réseau » vont se renforcer pendant la crise et se poursuivront durablement. >>

Emmanuel Visentin, Directeur, Aintourisme

<< "Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin" : en tourisme plus que dans tout autre secteur d’activité, cet adage est une réalité plus prégnante encore en période de crise économique ou de concurrence exacerbée. Il est difficile à ce jour de se projeter sur les véritables conséquences du COVID19 sur notre économie touristique. Mais nous pouvons penser que la consommation de loisirs de proximité sera la tendance forte du second semestre 2020 ce qui implique que nous partagions nos zones de chalandises. A moyen terme, nous pouvons parier sur le retour d’une concurrence très forte entre les destinations touristiques majeures (Europe, Afrique du Nord, Amérique du Nord…) qui nécessitera de jouer collectif pour crédibiliser nos actions de promotion et notre offre. >>

 

FILIERE BOIS

LA CRISE ACTUELLE PEUT ELLE AVOIR UN IMPACT SUR LA CHAINE DE PRODUCTION REGIONALE AINSI QUE SUR LES MODALITES D'APPROVISIONNEMENT SUR LE MARCHE?

 

Valérie Chevallon, Directrice, Fibois Ain

<< Aujourd’hui, entreprises de 1ère et 2ème transformation misent sur une reprise progressive des marchés sans transformation profonde de la chaîne de production régionale. Néanmoins, les débats actuels très nombreux liés aux enjeux d’une relocalisation, au moins partielle, de notre économie pourraient avantageusement accompagner la dynamique initiée depuis quelques années dans la filière bois et consistant à réduire les chaines d’approvisionnement. En tant que maîtres d’ouvrage, les élus peuvent jouer un rôle clef dans ce domaine. Une des incertitudes majeures concerne la capacité des entreprises de travaux forestiers, déjà bien fragilisées avant la crise sanitaire, à survive à cette dernière. >>

Daniel Ingold, Directeur, Cedotec - Office romand de Lignum

<< Premièrement, le marché du bois est international et essentiellement dicté par les prix, qui resteront déterminants à la reprise. Deuxièmement, les entreprises romandes ont fortement réduit leurs activités et n’ont donc pas établi de nouvelles stratégies d’approvisionnement qu’elles conserveraient ensuite. Troisièmement, malgré la réduction des coupes de bois frais, la filière bois ralentie n’a pas souffert de pénurie due à la délocalisation (savoir-faire/production) susceptible de déclencher une volonté de réappropriation nationale. Le risque majeur est donc vraisemblablement celui de la probable disparition d’entreprises à faible capacités financières, ce qui modifiera la cartographie de l’offre et de la demande de bois transformé. >>

 

VIE CULTURELLE

FACE A LA CRISE, LE SECTEUR CULTUREL DEVRA-T-IL REPENSER SON MODELE ECONOMIQUE POUR REBONDIR ET CONCOURIR A NOUVEAU AU VIVRE-ENSEMBLE ?

Jean-Pierre Pralong, Directeur Culture Valais

<< Que sera le monde culturel post COVID-19? On peut souhaiter que l'interaction entre le public et les artistes soit la moins virtuelle possible et qu’une juste rémunération crédite enfin le travail des créateurs. A l'image de l'agriculture de proximité, un des défis est de favoriser des circuits de production et de diffusion plus courts, aussi pour stimuler la rencontre entre lieux culturels, artistes et publics. Comme en matière d’information, la production de contenus de qualité a un prix, dont le bénéfice revient tant aux individus qu’à la société. Il ne faudra pas l’oublier demain! >>

Marie-Claude Troehler, Présidente Association Lettres Frontières

<< Cette crise sanitaire a montré la fracture numérique de notre société, tout le monde n’a pas accès aux informations de la même façon. Dans le monde culturel, les artistes ont tenté de garder un certain contact avec le public, en se manifestant sur les réseaux sociaux, en tournant des vidéos, en interprétant des spectacles, chacun chez soi. Mais cette situation montre bien combien le public a besoin d’échanges, de rencontres, vivantes et enrichissantes, avec les artistes. Ceux-ci devront être rémunérés à leur juste valeur, et les rencontres entre auteurs et public mieux valorisées, et mises en avant, notamment dans les médias. >>

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